dEUS est de retour.
Alors que le dernier millénaire touche à sa fin, dans la foulée de leur sublime troisième album, I
deal Crash, et de la tournée européenne à guichets fermés qui s’en suivit, les membres de
dEUS sont partis dans une myriade de directions différentes, dont quelques projets solo et, dans le cas du chanteur principal
Tom Barman, l’écriture et la réalisation de son premier film, ‘
Any Way The Wind Blows’. Ils étaient tous tellement accaparés par leurs activités diverses qu’il est étonnant qu’ils soient parvenus si vite à revenir sur le devant de la scène.
Tout a commencé en 1994. C’est à Anvers, sur une scène musicale, certes petite mais non moins dynamique, où la plupart des membres de groupes alternatifs témoignent de tendances incestueuses naviguant souvent entre plusieurs formations, que cinq artistes talentueux se réunissent et forment
dEUS. Pendant six ans, ce groupe ne va cesser de déployer un large éventail de couleurs et de styles musicaux, produisant une œuvre semblable à un éblouissant kaléidoscope, tout en demeurant par sa forme indéniablement et indubitablement
dEUS.
Leur premier album,
Worst Case Scenario, forts de
Suds & Soda, un premier single punk et étrange, mais aussi de
Via aux sensibilités pop et de
Hotellounge (Be The Death Of Me) à la douce élégance introspective, sort progressivement de la Belgique pour se propager en Europe et traverser la Manche où il frappe à la porte de la psyché musicale d’un continent. Fort d’une solide réputation sur scène en Europe,
dEUS fait une entrée réussie dans le créneau indépendant du milieu des années 90, alors en pleine effervescence, avec une musique conjuguant l’intelligence et l’expérimentation qui manquaient peut-être à certains de leurs contemporains plus traditionalistes et respectueux de leurs ancêtres.
dEUS enchaîne ensuite avec ‘
My Sister = My Clock’, un EP low-key résolument atypique et conçu comme une bande-son imaginaire. C’est alors que le groupe vit son premier départ : celui du guitariste
Rudy Trouve qui, convaincu (pour le paraphraser) que ‘tourner serait pour lui comme signer son arrêt de mort’, préfère quitter
dEUS. Il sera remplacé par un écossais du nom de
Craig Ward, qui allait devenir le pilier des deux prochains albums.
Le deuxième album,
In A Bar Under The Sea, est produit par
Eric ‘Drew’ Feldman, un vétéran de
Captain Beefheart Magic Band qui a également joué dans le groupe de
PJ Harvey et au sein des
Pixies.
dEUS, avec les inhibitions d’un groupe qui aurait pénétré dans une confiserie, signe un album qui, de
Theme From Turnpike, qui évoque le cinéma des années 60, à l’irrésistible perle pop '
Little Arithmetics', sans oublier l’explosion ‘avant-grunge’ de Roses et la bouleversante chanson d’amour '
Serpentine’, surprend non seulement par son éclectisme exubérant sur le plan musical, mais aussi par son côté magnifiquement harmonieux. Au terme de cet enregistrement,
dEUS doit une fois encore faire face au départ de l’un de ses membres fondateurs, le bassiste
Stef Kamil Carlens, qui décide de raccrocher afin de se concentrer sur son propre groupe,
Zita Swoon.
Danny Mommens vient le remplacer.
Ce chapitre s’achève avec '
The Ideal Crash' (1999), enregistré en Espagne sous la houlette de
David Bottrill. Très attendu, le groupe, qui est désormais cité par
Radiohead et autre
REM, se produit dans le cadre de festivals importants et qui remplit les salles dans toute l’Europe, ne décevra pas. En effet, cet album, le plus fédérateur à ce jour, explore une fois encore de nouvelles sonorités et directions musicales, incluant notamment des cuivres, des cordes et même un mellotron. Aussi imparable qu’expérimental,
Ideal Crash, est la preuve éclatante du caractère erroné du précepte selon lequel succès musical rime avec zéro créativité. Les singles
Instant Street,
Sister Dew et
The Ideal Crash sillonnent les ondes européennes pendant des mois venant ainsi s’ajouter à leur liste déjà longue de standards. Avec l’arrivée d’un troisième guitariste,
Tim Vanhamel de
Millionaire (un ami, ex-membre de
Evil Superstars et de
Eagles of Death Metal de
Josh Hommes), le violon de
Klaas Janzoons, ainsi que la présence sur scène de cracheurs de feu et de danseurs, les concerts de
dEUS prennent une dimension spectaculaire, les spectateurs qui ont la chance d’y assister ne s’y trompent pas et les ovationnent généreusement.
dEUS a atteint des sommets sans compromission aucune.
Nous en étions restés là.
A l’exception de la sortie, sur
No More Loud Music, d’un album réunissant leurs nombreux singles, qui vient confirmer le statut de
dEUS comme l’une des formations les plus créatives de ces dix dernières années et souligner cruellement son absence auprès du public son.
dEUS devient un collectif d’individus poursuivant leurs propres envies - cinq années de vacances studieuses en quelque sorte.
Cette page est tournée et
dEUS est désormais de retour. Nouvel album, nouvelle formation, nouvelle passion. Le batteur
Stéphane Misseghers (ex-membre de
Soulwax) a rejoint
dEUS, alors qu’il s’attelait à ce nouvel opus. La formation a en fait été finalisée à l’automne 2004 lorsqu’
Alan Gevaert (ex-bassiste de
Chris Withley & Arno) les rejoint à la basse et que
Craig Ward, parti vers d’autres pâturages, est remplacé par un ami et disciple musical, le légendaire et naturellement cool
Mauro Pawlowski (ex-chanteur principal des très regrettés
Evil Superstars et également de
Mitsoobishi Jacson, pour ne citer que certaines de ses incarnations).
Avec quelques concerts prévus avant Noël déjà sold out et des critiques dithyrambiques, le retour de
dEUS s’annonce triomphal. La promesse d’un quatrième album studio réunissant des nouvelles compositions a d’ores et déjà mis l’eau à la bouche à tous les amateurs des paysages sonores du groupe et ne manquera pas d’en attirer d’autres. Certes, ils ont peut-être un peu tardé, mais ce quatrième album devrait voir s’élargir encore l’univers musical d’un groupe en perpétuel mouvement – à la fois enchanteur, déconcertant, touchant et éblouissant, mais jamais décevant.
Tout est en place,
dEUS revient avec un nouvel album le 12 septembre 2006.
Eclectique, électrique, excentrique, exotique, la schizophrène alchimie rock de
dEUS trouve sa forme d’expression fondamentale grâce un groupe de musiciens extraordinaires qui contribuent chacun à constituer l’univers particulier du groupe. Un derviche tourbillonnant de créativité veille sur leur période de répit tout autant que sur celles d’activité. Ils ont peut être été absents quelques temps et intégré de nouveaux membres dans le collectif, mais ils n’ont en tout cas pas perdu leur temps …..