Ange noir de la musique, Adrian "
Tricky" Thaws a grandi dans la petite ville anglaise de
Bristol. C'est là qu'il rencontre le posse
Wild Bunch, qui devait devenir plus tard le groupe
Massive Attack. Participant informel à certaines chansons de l'aventure
Massive Attack, il apparaît notamment sur leur EP de 92 sous le nom de
Tricky Kid et participe même à sa promo (il passe à
Paris avec le groupe et a l'air totalement absent)
C'est en 95, avec le très acclamé
Maxinequay, que
Tricky gagne le respect de la critique et l'intérêt du grand public. Capable sur un même disque de mélanger des textures musicales antinomiques,
Tricky reprend un rap de
Public Enemy ("
Black Steel In The Hour Of Chaos") au milieu d'un océan de dub enfumé, de groove malade et distordu. "
Hell Is Round The Corner" et "
Pumpkin" sont clippés par le Français
Stéphane Sednaoui. Fan de hip hop,
Tricky est plutôt considéré comme un artiste alternatif, terme qu'il apprécie peu.
Pourtant, c'est bien dans la diversité et le chaos qu'évolue
Tricky, dont les albums sont de plus en plus sombres et de plus en plus inaccessibles avec le temps :
Pre-Millenium Tension est un chef d'œuvre étouffant,
Nearly God un projet sublime et difficile d'accès tandis que
Angels With Dirty Faces (98) est son disque le plus claustrophobe à ce jour, entreprise de démolition musicale d'une star blessée qui a trouvé dans les substances et la folie contrôlée un moyen de quitter notre monde.
Si les disques sont pour les artistes des baromètres permettant de juger leur état mental, alors
Juxtapose, sorti en 99, est le signe d'un retour à l'équilibre pour
Tricky : cosigné avec
DJ Muggs de
Cypress Hill et avec le jeune producteur américain
Grease, cet album court contient des tubes radio ("Hot Like Sauna", "Bom Bom Diggi", "She Said") et est présenté par son auteur comme le disque d'un fan de hip hop qui n'essaie pas de jouer au dur ou au maquereau. Et de cette façon,
Juxtapose peut amener les gens à considérer le hip hop sous un autre angle.