The Cinematic Orchestra (TCO) est fondé en 1999 par
Jay Swinscoe. A cette époque Jay travaille toujours chez
Ninja Tune, dans le sud de Londres, où il est responsable des ventes à l’export du fameux label.
Swincoe vient d’Ecosse, en passant par le Yorkshire et Cardiff, avec une solide expérience de guitariste et de bassiste, ainsi que de DJ, et avec beaucoup d’idées et d’influences en tête, comme son amour pour les bassistes jazz, les sections rythmiques et les BO de films. Ainsi, alors qu’il inonde l’Espagne et la Scandinavie des albums de
Mr. Scruff et de
Coldcut, il commence à réunir ses idées pour créer le premier album de TCO.
Improvisé chef d’orchestre,
Swinscoe rassemble un groupe d’aventureux joueurs de jazz et livre un premier album qui surprend tout le monde,
‘Motion’, qui est notamment élu Album de l'année par les auditeurs de l’émission de
Gilles Peterson sur Radio One. Ce disque souligne le 'cinematic' de Cinematic Orchestra, le magazine Uncut le comparant au
"son des thrillers hollywoodiens les plus noirs, aux murmures de mille femmes fatales, remixés et reconstruits dans un ingénieux récit audio samplé".
Si ‘Motion’ reflétait l'aspect cinématographique de TCO, le deuxième album, ‘Every Day’, fait, en plus, ressortir le côté orchestral. Indiscutablement plus raffiné que son prédécesseur, il est néanmoins totalement intransigeant dans son approche. Swinscoe invite le bassiste Phil France à co-piloter et coproduire le projet, son background dans le jazz étant le parfait contrepoint au savoir-faire technique de Swinscoe. La paire s’envole pour St Louis, y enregistrer avec la légendaire Fontella Bass (de ‘Rescue Me’ et du célèbre Art Ensemble of Chicago) le single ‘All That You Give’ et ‘Evolution’, qui apparaissent tous les deux sur l'album. A domicile, ils enrôlent le talentueux et archi-nominé (aux Brit et Mercury Awards) rappeur de South London,
Roots Manuva, pour le soul de ‘All Things To All Men’.
Déjà très connu un peu partout au Portugal,
Swinscoe & co. ont été ensuite chargés d’écrire et de jouer la nouvelle bande sonore du film muet avantgardiste
‘Man With The Movie Camera’ de Dziga Vertov (1929), en ouverture de la soirée célébrant Porto capitale européenne de la culture en 2001. Grand fan de bandes sonores de film, Jay relève le défit avec grand enthousiasme. Après quelques répétitions frénétiques quelque part au sud-est de Londres, le groupe exécute live la bande sonore conçue par Swinscoe dans le splendide théâtre Coliseu de Porto, en mai 2000, devant une assistance de 3500 personnes, et reçoit une standing ovation de près de dix minutes ! En novembre 2002,
Swinscoe, assez chanceux, a la possibilité de passer quelques temps dans le légendaire studio Whitfield Street à Londres. En deux jours, The Cinematic Orchestra accompagné d’une section de cordes et du percussionniste
Milo Fell, établit ce que Swinscoe et France considèrent comme leur version définitive de la bande sonore qui sort, avec le film et en DVD au printemps 2003, chez Ninja Tunes.
En 2004,
Swinscoe s’installe à Paris, ce qui change légèrement sa façon de travailler avec son vieil ami France pendant la fabrication de ‘Ma Fleur’ (ce qui explique également le titre en français). En 2006, il déménage à nouveau, cette fois à Brooklyn, New York. Jason est le premier à reconnaître que ceci a un impact fort sur sa créativité : "Je pense que les villes dans lesquelles j'ai vécu m’ont beaucoup influencé, personnellement et musicalement. La dynamique d'une ville change l'énergie et le rythme de toute chose, et de la musique en particulier."
C'est à Paris que
Jason commence à travailler sur les instrus qui forment la base de ‘Ma Fleur’. Après avoir terminé une première version approximative de celle-ci, début 2005, il la donne à un ami, lequel disparaît pendant trois semaines, pour revenir ensuite avec des manuscrits d'histoires courtes, chaque scène représentant un morceau. A partir de là, Jason retravaille encore ses morceaux, avant de les redonner à son scénariste, les deux aspects du projet se développant ainsi en harmonie. Ce film encore-en-devenir donne à Jason l'impulsion émotive et narrative dont il a besoin pour développer ses compositions et, en particulier, le pousse à explorer le format chanson, quasi inédit pour lui. "Je pense que c'est une évolution normale que de se pencher sur la chanson, ce qui est complètement nouveau pour moi. il y a toujours des liens entre le film et le récit."
Au fil du temps, la composition de
The Cinematic Orchestra a quelque peu évolué. Aux côtés des membres fondateurs
Swinscoe et
Phil France on retrouve
Tom Chant, l'un des meilleurs saxophonistes anglais de free jazz. Pour ‘Every Day’ a été recruté le jeune mais légendaire batteur Luke Flowers, qui, lorsqu'il jouait avec France pendant un certain nombre d'années, était fort bien considéré dans le monde du northern jazz. Les nouveaux membres de cette nouvelle incarnation de TCO sont
Nick Ramm - pianiste londonien qui a entre autres joué avec
Matthew Herbert - et Stuart McCallum, guitariste de Manchester qui a subtilement modifié la dynamique sonore de TCO. Pour les concerts enfin, la partie vocale sera assurée par
Patrick Watson et quelques special guests.