Très tôt,
Frédérick Landier A.K.A
Rubin Steiner, avec un K comme dans BlacK Flag et Big BlacK a su qu'il voulait faire de la musique. Pour autant, le jeune garçon était doué pour le skate.
A 12 ans, il bricole dans sa chambre, s'adonne aux joies du cut-up façon Burroughs/Schaeffer et parvient à l'instar de
Judas Priest et de
Queen, en passant les disques de
Einsturzende Neubauten à l'envers à se trouver un nom dans la lecture de fractions de titres ; N
iebuhr Rehniets [NIBUR RENIETS] qui donne
Rubin Steiner par effet de miroirs. Toutefois, les avis ne sont pas scellés ; les querelles d'experts autour de la genèse du pseudonyme de l'artiste font encore rage ; certains préférant l'autre thèse attribuant son surnom à la passion de ses parents pour le chanteur disparu
Mike Brant (Rubin Steiner, cousin par alliance de Brant CQFD). Toujours est-il que
Rubin Steiner a à présent une existence, reste à lui trouver une destinée.
Sa passion du hard-core et des musiques intransigeantes et inespérées l'amène tout naturellement sur les ondes de la radio libre locale (Radio Béton) avec une émission enjouée et sérieuse (Nuisances Sonores) où déjà, à l'époque, on peut y entendre l'ossature naturelle de ses goûts musicaux et de ses penchants pour l'éclectisme. Du micro à la plume, il n'y a qu'un pas qui l'amène à s'improviser rédac-chef du fanzine le plus brillant et déglingué de la décennie 90', le Stéréophile, sorte de collectif foutraque de talents et de visions subversives sur la culture indé. Un condensé de vies et d'intégrité, un bordel de musiques amusées et savantes, de références chiadées et distraites, qui le mènent jusqu'à la case Merz, et à quelques expériences uniques (concert privé d'Autobahn dans une voiture sur le périph, entre autres).
Pour autant,
Rubin Steiner a en tête des rêves d'assemblages de sons baroques, d'accouplements irrévérencieux entre Mingus, Daft Punk et les Beastie Boys, entre Public Enemy, Sonic Youth et Coltrane. Ça sera Lo-fi Nu jazz (UHS, 98), petit disque auto produit inventif et innovant. S'en suit le
"Dancing music Show" (près de 50 dates). La suite du premier album, dans une logique toute cartésienne sera
Lo-Fi Nu Jazz Vol.2 tiré initialement en catimini sur Un Hiver Sale/Platinum et qui permet au jeune homme de se distinguer auprès de la presse nationale et extra-nationale et d'enchaîner vinyles, 45 tours, maxis et compiles à une cadence effrénée.
La sortie de
Wunderbar Drei en mars 2002 vient confirmer cette heureuse ascension, marquant également la constitution du
Rubin Steiner Quartet pour les concerts, avec en sus de
Rubin Steiner aux machines, une contrebasse mutante (Sylvestre Perrusson), un trombone décadent (Benoit Louette) et François Pirault en V-jay, pour des sets électro-jazz retentissants.
Les projets se multiplient et éclosent ; on le voit ici remixant Dit Terzi,
Julien Ribot,
Bosco,
Arthur H.
Drum Major ! , est à l'image de son créateur, irrespectueux et ingénieux, permutant les genres, il dresse à nouveau et plus que jamais de splendides accointances entre hip-hop old-school, électronique éclairée et déviante, jazz narcoleptique, exotica foutraque, bigbeat halluciné et punk rock noisy viscéral... Ce nouvel album a une densité rythmique palpable et garde une unité de corps plus marquée que son prédécesseur.