Délestés en 1992 du guitariste aux soli hendrixiens John Frusciante, les
Red Hot Chili Peppers se livraient trois ans plus tard à une incursion en territoire heavy metal avec « One Hot Minute », album marquant une parenthèse musicale au sein de la carrière du groupe. De fait, l’influence de Dave Navarro, ancien guitariste de Jane’s Addiction, se fait fortement ressentir sur le son de la formation californienne, devenu sombre et désenchanté : les giclées de wah-wah ( Deep Kick, One Music Mob) et le style abrupt caractéristiques de son jeu ne sont pas sans rappeler le Joe Perry des grandes heures, mais le funk dévastateur qui fit la gloire des
Red Hot Chili Peppers s’en trouve du même coup délaissé. Moins passionnant, donc, que « Blood Sugar Sex Magic », « One Hot Minute » contient toutefois son lot de grands moments :
Aeroplane, avec sa rythmique frénétique et son solo de guitare aérien, demeure un tube imparable ; Transcending, l’une des plus belles mélodies jamais composées par le groupe et Falling Into Grace, un uppercut psyché-funk proche de ceux que pouvait concocter
George Clinton dans les années 70.