En 1992,
Rage Against the Machine tourne partout sur la côte Ouest, vendant plus de 5 000 copies de sa première cassette auto-produite, qui atterrira vite sur le bureau d’un directeur artistique, chez
Epic, qui se propose de les signer. Les textes très politisés et le groove du quatuor lui valent de rassembler une foule de fans, blasés par la mentalité rock californienne de l’époque. C’est d’ailleurs un autre agitateur du moment,
Perry Farrell, qui offre à
Rage against The Machine sa première grosse apparition, en première partie de
Jane’s Addiction.
S’ensuivent quelques prestations d’anthologie sur la seconde scène du Lollapalooza où les
"Fuck you I won’t do what you told me",(je vous emmerde, je ne veux pas faire ce que vous voulez) de Zack résonnent comme le nouvel hymne d’une génération en colère.
Après une tournée européenne très tendue avec
Suicidal Tendencies, le groupe sort son premier album en novembre 92.
Rage Against The Machine restera dans les charts pendant 89 semaines, y atteignant même la 45e place, et sera disque de platine sur toute la planète.
La presse s’enflamme pour ce groupe qui multiplie les actions politisées :
Rock For Choice avec
Eddie Vedder et
Excene Cervenka, concert de soutien à
Mumia Abu-Jamal, manifestation contre la censure du PMRC (en restant nus comme des vers, la bouche scotchée, pendant 25 minutes sur la scène du Lollapalooza).
Rage Against The Machine réussit même à se faire censurer lors de son passage au
Saturday Night Live pour non respect du drapeau américain.
Il faut attendre avril 1996 pour que sorte le deuxième album, Evil Empire.
Rage Against The Machine reprend la route, tout en intensifiant son action politique : concert de soutien à l’Anti Nazi League, propagation des idéaux de
Public Enemy,
Malcom X,
Che Guevara,
Peltier,
Martin Luther King. Cependant, l’origine plutôt aisée des membres du groupe leur vaudra d’être taxés d’opportunisme et de démagogie.
Après le succès du single Freedom,
Rage Against The Machine sort en 1997 une vidéo live accompagnée de la reprise de
Bruce Springsteen,
The Ghost Of Tom Joad et débute une nouvelle série de concerts à travers le monde avant de lever le pied. Tom reprend ses activités politiques tout en participant à quelques collaborations, entre autres sur la BO de
Spawn avec
Prodigy. De son côté, Zack enregistre avec
KRS-One sur la compilation Lyricist Lounge et part pour le Mexique où il s’intéresse de très près à la cause des Zapatistes.
En 1999, après des rumeurs faisant part de split, sort enfin
The Battle Of Los Angeles qui verra
Rage Against The Machine paralyser la Bourse de New York en enregistrant devant celle-ci (live et sans autorisation) la vidéo du premier single tiré de l’album.
Fin 2000, après quelques concerts, Zack annonce son intention de quitter le groupe pour se consacrer à une carrière solo. Si
Rage Against the Machine affirme sa volonté d’engager un nouveau chanteur, l’avenir du groupe semble incertain. La sortie récente de l’album de reprises Renegades pourrait être le dernier témoignage des années enragées.