Aujourd’hui, personne ne sait quel sera le prochain nom de
Prince. Mais le Love Symbol, entremêlant le symbole mâle au symbole femelle, reste pour tout le monde, malgré divers baptêmes,
Prince.
Sur sa carte d’identité, le chanteur américain se prénomme
Prince Rogers Nelson. Il est né à Minneapolis, dans l’état du Minnesota,
le 7 juin 1958. Il vient au monde dans une famille de connaisseurs. Même si son père, John L. Nelson, est ouvrier chez Honeywell Electronics, c’est un brillant musicien de jazz qui joue régulièrement dans les clubs de la ville. Quant à sa mère, elle chante parfois avec son mari. Prince doit son nom à l’expérience musicale de son père. Jouant dans son groupe sous le nom de
Prince Rogers, il retient ces prénoms pour son fils. En 1968, le pavé est dans la relation de couple. Mattie et John divorcent cette année-là, et Prince va de famille en famille avant de choisir d’habiter chez André Anderson, un copain de classe. Débarquant dans une famille nombreuse comptant six enfants, Prince décide de loger à la cave. L’endroit est parfait pour les répétitions à venir.
En 1973, poussé par son cousin batteur,
Prince forme son premier groupe :
Grand Central. Chazz Smith est à la batterie et
Prince à la guitare et aux claviers. Ils jouent dans les cours d’école ou les maisons de quartier et deviennent vite réputés. A l’origine du projet, Chazz Smith est tout de même évincé du groupe. Le cousin de
Prince est remplacé par Morris Day. La mère du nouveau venu, qui a de vagues connaissances dans le milieu musical, devient manager de la formation. Si elle ne rapporte pas un contrat avec une maison de disques au groupe, elle approche
Pepe Willie, producteur et musicien parti à Minneapolis pour skier, qui engage
Prince, en 1975, comme guitariste pour enregistrer quelques sessions en studio avec son propre groupe, 94 East. Mais le disque du groupe signé par
Polydor ne voit pas le jour.
En 1976, Grand Central, devenu Grand Central Corporation, décide de rentrer en studio. Au Moon Sound, le propriétaire a besoin de quelqu’un pour mettre ses textes en musique.
Prince abandonne alors batteur et bassiste, Morris Day et André Anderson – qui deviendra André Cymone -, pour travailler avec Chris Moon. Multi-instrumentiste, complète les titres.
A New York, il part tenter sa chance. Là-bas, on lui propose d’acheter sa chanson « Baby ». Alors qu’il hésite à vendre ses droits d’auteur, Chris Moon parle de Prince à Owen Husney. Emballé, il veut se charger de ce talent. Un coup de fil enlève une énorme épine du pied de
Prince et le pousse à retourner à Minneapolis. Le courant passe immédiatement entre Husney et
Prince. Après plusieurs rendez-vous et des mois de préparations, le manager et son poulain signent un contrat avec
Warner Bros qui accepte les conditions particulières de l’artiste : être producteur ; enregistrer trois albums ; écrire, composer et arranger lui-même ; jouer de tous les instruments.
En 1978, l’admirateur de
Jimi Hendrix ou de
James Brown sort
"For You", son premier album.
"Prince", album éponyme, sort en 1979. Un an après,
"Dirty Mind", le troisième album, paraît. En 81,
Prince, qui se produit en bas-résilles et en imper sort un opus au nom approprié :
"Controversy". Les disques s’enchaînent, mais ne rapportent pas beaucoup de reconnaissance ou d’argent à
Prince. En 82, avec l’album du futur –
"1999" - les choses changent.
"Little Red Corvette", extrait de l’opus, fait connaître
Prince au grand public.
1984 est l’année de la gloire
"Purple Rain", le film et la B.O., va le porter aux nues. L’album suivant, dans ces années 80 très prolifiques, est un succès. Le monde, en 1985, achète le bien nommé
"Around The World in A Day". En 1986,
"La Parade" des albums continue et
Prince enflamme les cœurs avec son titre
"Kiss".
Surnommé
"Nain pourpre" à cause de sa taille et de sa pluie colorée,
Prince est malgré tout un géant contrôlant tout ce qui le concerne dans sa forteresse de Minneapolis ; séduisant, selon les rumeurs entretenues, les plus belles femmes de la planète.
En conflit avec la Warner,
Prince change de nom. En 92, il devient
Love Symbol pour se libérer de l’empreinte Warner. En 96,
"The artist formerly known as Prince" qui se considère comme un esclave de l’industrie musicale sort
"Emancipation", un album de 36 chansons. En 1998, il se lance dans la vente sur Internet.
"Crystal Ball" n’est distribué que sur la toile. En 1999,
Prince retourne dans les bacs avec
"Rave Un2 The Joy Fantastic". En 2001, redevenu
Prince, il délivre un message religieux dans
"Rainbow Children", un opus mêlant le jazz au funk et au gospel. En 2006, Prince poursuit sa longue carrière : le 20 mars, il sort "3121".