En 2004 sort un album intitulé «
Leave no Trace », onze chansons signées
Piers Faccini. L’album se clot sur «
I can’t wait another day ». Impatient manifeste.
Piers Faccini est impatient, à sa manière. Il brûle de prendre son temps, à bras le corps, sans retenue. Ses fuseaux horaires ont parfois de drôles de formes. Un griot égaré dans un bouge du Mississipi, un conteur celte tout heureux de se retrouver à la table d’une famille napolitaine, une rythmique californienne jouant les body-guards d’une ballade à faire chialer un mur…
Les chansons imposent leur tempo.
Mr Faccini s’occupe du reste. Dès les premières notes d’ "
Each wave that breaks" cette voix nous fait une proposition qui ne se refuse pas. Le plaisir de se laisser abattre comme au premier jour.
Piers Faccini est italo-britannique et vit aujourd’hui en France. Une certaine idée de l’Europe, peut-être. En allant enregistrer à Los Angeles, c’est à une partie de sa mythologie US qu’il vient se frotter. Mais, en ce mois de décembre 2005, le frère de sang est breton et s’appelle
JP Plunier. Photographe dans une autre vie,
JP Plunier le producteur aime titiller les points de vue. Mais question sujets, il serait plutôt du genre obsessionnel. Ben Harper, depuis les premières guitares, et
Jack Johnson, pour la première vague.
JP a ses méthodes. Planning serré. Douze jours au studio Sonora. Dernier locataire en date, Lee Hazlewood. Pas mal pour la vibe. Côté casting, le "posse" est convié, comme un
Scorsese convoquant
Pesci, De Niro et
Keitel sans avoir besoin de leur envoyer le moindre scénario. Toutes proportions gardées. La rythmique « pilier » inédite mixe la basse orgiaque de
Juan Nelson et la batterie aérienne d’
Adam Topol. Les autres membres du noyau dur sont tous venus en croquer :
Leon Mobley,
Merlo Podlewski,
Oliver Charles,
Bob Coke. Avec l’aimable participation de
Ben Harper et
Inara George pour quelques chœurs complices.
Pour les cordes, on décalle : mandoline rasta pour
Chris «
Kaleidoscope » Darrow, percées lumineuses de Kora signées
Ballake Sissoko, contrebasse au bord de la rupture pour
Gus Seyffert… Derrière la table de mixage, un drôle de géant veille au grain.
Eric Sarafin est ingénieur du son, musicien, écrivain à ses heures. Fera-t-il beau demain ? Peu importe finalement ce que nous raconte le ciel de
Piers Faccini, ce gars là a décidé de nous faire triper.
"it’s easy dance over to you ….", nous souffle
Piers Faccini au bout de ces quatorze chansons. Invitation manifeste.