Dissipons d’emblée les prévisibles malentendus : ce n’est pas parce qu’on s’appelle
Paolo Nutini qu’on pratique forcément le
bel canto dans la langue d’
Eros Ramazotti,
Laura Pausini et
Umberto Tozzi. A part
"cette douleur qui nous vient d’aimer", le chanteur dont la famille vit en Ecosse depuis quatre générations a peu de point commun avec eux…
Elevé dans le Fish’n Chips de sa famille, dans la petite ville de Paisley,
Paolo Nutini grandi en regardant tomber la pluie et en écoutant le rock’n roll de son père. C’est à dix ans qu’il a l’un de ses premiers chocs esthétique en découvrant
Elton John et son célébrissime
"Your Song". Parallèlement, il découvre l’univers ayant marqué ce dernier : la vieille soul américaine (
Sam Cooke,
Nat King Cole et
Ray Charles, bien sûr) et le folk. Sa culture s’enrichit et
Van Morrison ou
John Martyn deviennent des influences logiques.
Modestement, il fait ses premières armes grâce au karaoké familial avant de réaliser son premier disque à l’âge précoce de 15 ans, grâce à la générosité de son lycée. Il peut alors quitter sa petite ville et se rendre à Glasgow, hyperactive capitale du rock écossais. Armé de sa guitare, dont il apprend doucement les secrets,
Paolo Nutini compose ses premières chansons et, après quelques hésitations, il donne ses premiers concerts, à Glasgow ou à Londres, où il finit par s’installer. C’est là que le label soul
Atlantic le remarque et lui offre un contrat.
Méfiant,
Paolo Nutini ne veut pas devenir l’Ecossais de service qui chante le blues comme les Américains. Il décide donc de travailler à Liverpool, avec un producteur de pop anglaise, Ken Nelson, ancien collaborateur de
Coldplay. Et finalement,
"These Streets" s’avère une synthèse personnelle de plusieurs héritages, où le chanteur disserte à l’envi sur ses errances de jeune hobo et les complications de sa vie sentimentale. Sa voix grave et rocailleuse, étonnante pour un chanteur de 19 ans, ses mélodies évidentes, lumineuses et dépouillées font de lui un digne pair de Ron Sexmith, Jason Falkner ou Adam Green…
Paolo Nutini, un nouveau venu sur lequel il va falloir compter.