Otis Redding est un chanteur de soul américain né le 9 septembre 1941 et décédé le 10 décembre 1967 a la suite d'un accident d'avion. Écouter les disques d'
Otis Redding aujourd'hui c'est se plonger dans une nébuleuse de joie, d'amour et de passion, celle de l'enfance, celle du premier amour. On ne reste jamais indifférent la première fois qu'on entend une chanson d'
Otis Redding. En fait, ce n'est jamais vraiment la première fois puisqu'il nous semble déjà connaître cette voix, cette mélodie. Elles étaient là, au fond de nous mêmes. Écouter
Try A Little Tenderness c'est comme vivre une intense histoire d'amour en condensé.
Otis Redding savait communiquer tout cela grâce à sa voix unique, à son timbre inimitable trempé dans le blues. Il était capable de mettre à nu l'âme humaine. Plus que quiconque, il excellait dans l'art de la soul music, ce chant profane et sacré nourri de la lumière crue du Sud, de l'air chaud, humide et poussiéreux de Géorgie, du Mississippi, et de plusieurs siècles de tourment et de souffrance. Car si la vie est si belle c'est parce qu'elle doit avoir une fin.
Le 10 décembre 1967
Otis Redding disparaissait dans un accident d'avion à l'âge de 26 ans. Moins d'un mois plus tard, son chef-d'oeuvre posthume, la chanson
(Sittin' On) The Dock of The Bay, se plaçait à la première place des charts pop et R'n'B.
Otis Redding n'était pas le premier jeune chanteur de l'histoire de la pop music à périr tragiquement.
La mort prématurée d'
Eddie Cochran, de
Buddy Holly ou de
Sam Cooke avait déjà endeuillé la jeunesse des années cinquante et soixante. Et beaucoup suivraient (
Brian Jones,
Jim Morrison,
Jimi Hendrix,
Janis Joplin...). Mais avec
Otis Redding sombrait, pour un temps, l'espoir de voir définitivement tomber les frontières qui séparent la musique populaire noire de la blanche. Car
Otis Redding était parvenu, à l'apogée de sa carrière, à faire le lien entre ces deux courants de musique et à réunir deux publics jusqu'alors inconciliables, d'un côté celui du blues, du
rhythm'n'blues et de la
soul, de l'autre celui du
rock'n'roll et de la
pop. Les raisons d'une telle réussite sont à chercher à la fois dans le contexte particulier de l'époque et dans la singularité du personnage.
Otis Redding incarnait la quintessence de la soul, ce genre musical né dans les années cinquante de la fusion du blues et du gospel. Après
Ray Charles qui en bâtit les fondements, après
Sam Cooke qui la popularisa auprès d'un large public,
Otis Redding en devint l'ambassadeur mondial. Lui qui ne savait pas écrire la musique.
En partant,
Otis Redding nous a laissé une poignée d'albums, quelques titres mémorables et (
Sittin' on) The Dock of the Bay, son chef-d'oeuvre testamentaire. Mais il n'avait certainement pas tout dit. Qui sait alors ce qu'il aurait encore pu apporter à la musique de son siècle, surtout après ce tournant décisif amorcé avec
The Dock of the Bay ?