Difficile de dire si ce quatrième album du combo bristolien marquera autant le début de cette décennie que le premier,
« Blue Lines », paru en 1991. Une chose est certaine, ce trip-hop lancinant, cette musique ennivrante aux accents psychédéliques et ce son façonné des heures durant sont devenus les caractéristiques principales de Massive Attack qui, loin d’être obsédé par ses futures ventes de disques, met d’abord un point d’honneur à toujours remettre son titre de groupe séminal en jeu, à voir plus loin. Plus sombre que le précédent,
« Mezzanine », « 100th Window » est habité par les mêmes esprits que sollicite cette fois Sinéad O’Connor, chanteuse merveilleuse de trois titres dont le single pas évident Special Cases.
Essentiellement l’œuvre de 3D (Robert Del Naja), puisque son compère Grant Marshal s’est éloigné un temps des studios pour cause de paternité, assisté par le producteur Neil Davidge, le nouvel opus repousse une fois de plus les frontières de la musique métissée dite électronique qui, par définition, n’aurait jamais dû en avoir. 3D chante également plus que sur les précédents enregistrements (Small Time Shot Away, notamment) tandis que Horace Andy, déjà présent sur
« Blue Lines », libère sa voix sensuelle sur le brumeux Everywhen.