Un simple regard sur le cahier des charges qu’il s’est imposé dès 1989 avec ce
Let Love Rule qui estomaqua la critique mais ne dupa personne, permet d’affirmer que, 12 ans plus tard,
Lenny Kravitz s’est plutôt bien acquitté de sa mission. Parfois élevée au rang de croisade, elle lui a donné l’occasion d’enregistrer des disques d’obédience 70’s très marquée, frelatés pour certains, mais plutôt bien ficelés pour le public qui se les est procurés en masse, régulièrement rameuté par des tubes pas méchants (Are You Gonna Go My Way).
«
Lenny », sixième galette du personnage, le montre toujours alerte dans l’art de la duplication et particulièrement doué lorsqu’il s’agit de remettre au goût du jour des suites d’accords que Tony Visconti trouvait déjà éculés lorsque Marc Bolan essayait de les lui imposer (God Save Us All, Stillness Of Heart).
Passé du stade de grand séducteur à celui de gros vendeur (on ne peut pas tout être),
Lenny sonne comme un bon groupe de pub à lui tout seul (il joue de tous les instruments) et balance ses mélodies qui en rappellent d’autres avec une maestria qui, au bout du compte, force le respect. Convaincu que le temps s’est arrêté pour acheter des cigarettes quelque part avant 1e milieu des années 70, et n’est jamais revenu depuis, il chante en connaissance de sa noble cause (Battlefield Of Love, Yesterday Is Gone), enfile des solos au fils dénudés (Let’s Get High) et martèle (ses peaux) en tête de file du rock FM américain, une place sympathique comme tout lorsque comme lui, on ne supporte pas de regarder à la dépense.