Pas exactement adulé par la critique depuis 1993, date de sortie de
"Emergency On Planet Earth" , son premier album qui mit pourtant le feu aux poudres disco funk revisitées en se vendant à plusieurs millions d’exemplaires,
Jay Kay est un brave garçon venu d’Angleterre réputé pour être tombé très tôt dans la marmite
Stevie Wonder. Issu de l’underground londonien, ce skater fou de filles et de voitures aux courbes avantageuses ne comptent plus, aujourd’hui, les belles pendues à ses bras qu’il véhicule en Ferrari le plus souvent. Surprise agréable alors qu’on le croyait abonné aux tubes strass faciles et grand public (
Too Young To Die, Cosmic Girl), en général concoctés avec son complice Toby Smith, ce soul man des temps modernes revient avec un cinquième disque consistant, sûrement le meilleur depuis ses débuts. Disco beats au planchers, envolées de cordes à la Philly Sound, basse hommage à Bernard « Chic » Edwards et guitare wah-wah élastique, la musique de
Jamiroquai semble s’être enfin libérée, devenant au passage véritablement sienne. Les influences funk majeures,
Stevie Wonder en tête, restent évidentes mais elles ne plombent plus une chanson pas évidente à éviter comme
Little L, l’envoûtante Corner Of The Earth ou la fuzzée Stop Don’t Panic. Pictures Of My Life, battement de cil en direction du Brésil, donne le sentiment que l’inventeur de la soul recyclable a mûri et que désormais, ses frasques n’obstrueront plus son art en plein développement.