C’est la surprise de cette fin d’année : le petit prodige de la chanson jazz se réinvente en artiste pop sans frontière et touche à tous les styles avec autant de talent que de culot. Moins rudimentaire, la production de
Catching Tales le bien nommé, donne la possibilité à
Jamie Cullum de s’échapper du format jazz (dans lequel il excelle pourtant) pour aller voir ailleurs s’il y est. Les puristes crieront au scandale mais les amateurs de pop apprécieront certainement London Skies, très Joe Jackson, la folky Photograph, la relecture très fin de soirée de
I Only have Eyes For You, les astuces groovy de Mind Trick, l’évidence implacable de
I’m Glad There Is You, le clin d’œil à
Randy Newman (Oh God), le refrain résolument rock de
Catch The Sun emprunté à Doves, ou l’audace de
7 Days To Change Your Life.
En clair,
Jamie Cullum multiplie les pirouettes mais pas uniquement pour amuser la galerie : ce génie bout véritablement de partout et prend les couvercles pour des freesbees. Sa pétulance fait plaisir à entendre.