Corinne Bailey Rae nait et grandi à Leeds. Aînée de trois filles issues de l’union d’un père indien et d’une mère du Yorkshire, elle a fait ses premières classes de chant sur les bancs des chorales d’églises. “J’ai commencé par chanter à l’église et les gens sont convaincus que c’était une église gospel, dit-elle en faisant allusion à ses origines métisses. Mais c’était une église normale, très middle-class, où l’on chantait ces harmonies le dimanche. C’était le moment du service que je préférais.”
Puis
Corinne Bailey Rae évolue dans une autre chorale, baptiste, qui alternait les chants traditionnels et les titres moins orthodoxes de…Primal Scream !. “On changeait quand même les paroles, confie Corinne. On ne cherchait pas à offenser les paroissiens.”
Une guitare électrique offerte un jour par son chef de chorale a déterminé son histoire d’amour avec la composition. Elle s’est vite passionnée pour une des formations les plus novatrices de l’histoire du rock,
Led Zeppelin : “J’adorais ce groupe lorsque j’étais ado, et je rêvais de marcher sur ses traces et d’inventer une musique qui me soit propre.” Malgré une formation scolaire en violon classique, sa passion pour
Led Zeppelin a assurément bouleversé sa perception de la musique. A 15 ans, fan de
Veruca Salt et
L7, elle forme donc son premier groupe,
Helen. Helen ??
"Je sais, je sais" dit-elle, "Que dire ? A 15 ans, ce nom nous semblait très culotté, ça nous semblait judicieux".
Corinne Bailey Rae sourit "Mais beaucoup moins vu d’aujourd’hui".
Helen se fit tant remarquer sur la scène locale que le groupe décrocha un contrat avec le prestigieux label
Roadrunner Records. Mais la grossesse de la bassiste mit fin à l’aventure.“ J’en était malade, admet Corinne. Je n’avais aucune idée de ce que l’avenir me réservait…”
Inscrite en littérature anglaise à l’université de Leeds, elle travaille en parallèle au vestiaire d’un club de jazz local. Elle est bientôt invitée à monter sur scène pour chanter.
Corinne Bailey Rae se met alors à composer ses propres chansons solo. Elle délaisse peu à peu la scène indépendante pour s’aventurer en territoire soul.
Lorsque EMI signe
Corinne Bailey Rae au printemps dernier, elle a 10 années d’expérience derrière elle, et sait exactement ce qu’elle veut et comment l’obtenir.
“Je suis une fan de jazz mais pas pour la ramener. Je n’aime pas le côté improvisation et préfère les chansons classiques qui sont pures et succinctes. C’est ce que j’essaye de faire avec mes propres chansons. Elles sont courtes, douces et vont droit au but. J’aime l’idée que les gens aient envie d’un peu plus, pas d’un peu moins.”
Autant inspirée par
Björk et
Massive Attack que par
Jill Scott, Corinne est donc rentrée en studio pour enregistrer son premier album. Comme elle le spécifie, son album est « "décontracté, acoustique, un peu fou, atmosphérique et plein de soul.
elle est élue
"Sound of 2006" par le site de BBC News. La jeune prodige arrive maintenant en France avec son premier album éponyme, qui est sortie le 6 mars 2006.