l’instar de quelques jeunes artistes comme
D’Angelo,
Me’shell NdegéOcello ou encore
Macy Gray,
Cody ChesnuTT (avec deux T majuscules s’il vous plait !) tente dans son coin de palier à ce manque. Ancien guitariste du groupe The Crosswalk, dont il s’est fait méchamment évincer sous la pression de la maison de disques, Cody n’a heureusement pas baissé les bras et s’est remis au travail tout seul. Il envoi une demo a
?uestlove de
"The Roots" qui decouvre le morceau "The Seed" que
The Roots décident de mettre sur leur album
Phrenology (2002)
Il s’est enfermé quelques mois dans chez lui, dans son home-studio qu’il a lui-même rebaptisé The Sonic Promiseland, et, dans ce fatras d’instruments en tout genre où trônait au milieu l’inévitable 4 pistes des musiciens sans le sou, Cody a patiemment écrit, composé, enregistré et produit son premier album en solitaire,
The Headphone Masterpiece.
Double album où audace et désinvolture tiennent le haut du pavé, The Headphone Masterpiece est un véritable réussite, une ode à la débrouille et à l'inventivité. D’une densité remarquable, cet album remet la soul en danger en la soumettant à une esthétique lo-fi qui lui sied à merveille et en lui ouvrant en grand les fenêtres sur le monde.
Il faudrait remonter au double album de Stevie Wonder, l’inégalable Songs in The Key of Life, ou au non moins essentiel Sign’O’ The Times de Prince, pour retrouver cet esprit d’aventure tout azimut et un tel appétit musical. Sur The Headphone Masterpiece, comme sur ses illustres prédécesseurs, la soul s’ouvre ainsi de multiples possibilité, lorgne vers le rock, le folk, le hip-hop ou l’electro sans jamais jouer à l’épate ou sombrer dans le vulgaire.