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Souvenez-vous, il y a 3 ans : Camille ouvrait une nouvelle brèche dans la chanson française et bouleversait les codes établis avec un album sorti de nulle part : Le Fil, et le titre "Ta Douleur".…. En 2008, l’ovni de la chanson française est toujours là où on ne l’attend pas, et revient avec "Music Hole" qui contient 11 titres originaux, festifs et rythmés, avec des collaborations avec les Barbatuques (groupe brésilien de percussions corporelles), Jamie Cullum et Sly (du Saïan Supa Crew). "Music Hole est un milieu entre le music-hall, la chanson, et quelque chose de plus ancien, de plus archaïque, ancré dans le sol". |
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Elle insiste lourdement sur l’aspect technique : le deuxième album de Camille repose essentiellement sur des sons de voix (la sienne) et effets buccaux (une note tenue, un bourdon – Le Fil, relie toutes les chansons entre elles) qu’elle assume tout autant que ses textes, sorte de petits poèmes narquois, faussement enfantins et parfois coquins (Janine II) qui l’éloignent, au hasard, d’une Juliette dont le réalisme des mots peut faire froid dans le dos. Déconcertant de prime abord (joliment tournée, Pour que l’amour me quitte est un des seules chansons conventionnelles de cette livraison), Le Fil regorge de chansons intimes aux allures de performance et a le mérite de ne ressembler à aucun autre disque de fille actuel.
Il devrait également énerver (et donc attirer leur attention) les garçons, ce qui peut être considéré comme une fin en soi. |
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À l’heure des poupées gonflables fabriquées à la chaîne universelle par des ex-punks repentis, l’arrivée de Camille peut être considérée comme une jolie incongruité. Dotée d’une voix qui déchire sans vergogne les harmonies fraîches et simplistes d’un premier album prometteur, cette ancienne étudiante révélée à elle-même un jour de mariage (un comble), lorsqu’elle reprit un gospel en famille, doit autant sa vocation aux représentants les plus emblématiques de la soul et du folk des années 60/70 qu’aux chansons populaires françaises des années 30/40. À cette époque on savait chanter, avec une vraie voix, des mots longtemps tournés dans la tête avant de songer à les coucher sur le papier.
Mon petit vieux, Le Sac des filles, Un homme déserté, Je ne suis pas ta chose, chouettes textes de fille pudique mais pas muette, mis en musique quasi acoustique, et rendus limpide par l’intervention du producteur Jacques Ehrhart (Salvador, Vanot) s’accrochent à l’air d’un temps qu’elles narguent presque sans le vouloir, de par leur nature sincère. Un peu Bénabar en fille (un sacré compliment), cette Camille sans artifice mérite de faire parler d’elle. |
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