Bien sûr, vous reconnaissez ce nom. Si vous l'apercevez sur la pochette d'un remix, vous savez qu'il est la garantie d'une certaine originalité. A l'affiche d'un club, c'est la promesse d'une soirée d'enfer, où vous surferez sur la vague d'un funk de ghetto. Sur un disque signé par cet artiste, ce nom est synonyme de rythmes tribaux et ou de beats ultra cool.
Armand Van Helden propose une musique envoûtante à un public fascinant.
Armand Van Helden se joue de toutes les étiquettes, il slalome entre les genres pour créer le groove le plus sensationnel et les rythmes qui sèmeront la zizanie dans votre tête et dans vos gestes. C'est un adolescent équipé d'un sampler, qui cultive le goût de l'exploration musicale.
Armand Van Helden veut vous faire danser tour à tour sur les accents de la house, de la techno, du hip hop et du rhythm'n' blues, en passant par le drum & bass. Tout est question de style, et de substance.
Son histoire a - en quelque sorte - commencé à Boston en 1991.
Armand Van Helden travaillait dans un cabinet d'avocats le jour, et animait des soirées au Loft la nuit. Son travail quotidien ne lui déplaisait pas trop, en comparaison du précédent, qui l'obligeait à cuire des steaks devant les fourneaux d'un relais routier. Et il avait belle affure dans son costume Armani. Mais le boulot de deejay l'excitait bien davantage. Il le pratiquait depuis l'âge de quinze ans, et avait fait tourner bien des disques de disco, de hip hop et de latin freestyle aux quatre coins du monde, déménageant au gré des affectations professionnelles de son père (qui travaillait pour l'armée de l'air américaine).
Mais au Loft,
Armand van Helden a commencé à jongler avec des titres de house plus musclés, qui reposaient sur des échantillons musicaux, et une sorte de déclic s'est produit dans sa tête. Il a commencé à éditer certains titres pour le compte de la société de remix X-Mix, basée à Boston. Son intérêt pour
Strictly Rhythm et pour
Nervous l'a poussé à entrer en action, et il a décidé de s'installer à
New York en 1993.
A New York,
Armand a fait l'effet d`une bombe. Il ne lui a fallu qu'un titre pour se hisser au-dessus de la mêlée, avec "
Witch Doktor". Cette épopée hard-house, caractérisée par des rythmes torrides, par des partitions vocales ténébreuses et par l'intervention de sirènes musclées, cet hymne dynamique et minimaliste a remporté un succès immédiat et total. Soudain,
Armand Van Helden est devenu l'homme de la situation.
Les demandes de remix ont afflué, doublant, triplant puis quadruplant en nombre. Dans son studio, Ya Muthas House,
Armand a transformé tout ce qu'il a touché en or, de
Ace of Base à
2 Unlimited, en passant par
M People et par
New Order. Tout le monde cherchait le "sorcier" et Armand était heureux de rendre service. II était devenu impossible d'aller danser en discothèque sans entendre des rythmes mis en forme par
Van Helden.
En même temps, les productions personnelles d'
Armand Van Helden ont commencé à s'imposer. Avec les
Funky Shell Toes sous le signe du hip hop, dans les maxi-singles de Buddha Baboons (AV8), avec les
Hardheads, dans le style hardhouse ("
New York Express" pour Strictly Rhythm),
Van Helden a créé des grooves classiques comme "Funk Phenomena" pour Henry Street, et a même révélé une facette latino-américaine dans la musique de
Pirates of the Caribbean. Il était bien loin de s'essoufler.
En 1996
Armand Van Helden s'est tout de même accordé une pause, refusant certains remixes et réduisant le nombre de ses prestations de deejay. Après avoir signé un contrat à long-terme avec f
frr Records, il s'est consacré à l'enregistrement de son propre album, en promettant "une aventure". Pour autant, il ne s'est pas complétement soustrait au regard du public. Certains remixes triés sur le volet, comme celui de
CJ Bolland ("
Sugar Is Sweeter", rehaussé par un peu de jungle music) et du célèbre
Tori Amos (
Armand a dynamisé "
Professional Widow" en le dotant d'une incroyable partition de basse, ont permis à
Van Helden de prendre définitivement pied sur les pistes de danse du monde entier.
Son enthousiasme pour les sons inédits n'a pas faibli. Parlez-lui de jungle music. Le label blanc d'
Armand ne sera pas au centre de la conversation. Si vous mentionnez le hip hop il deviendra lyrique en évoquant le "phénomène du rap". Si le nom du
Wu Tang Clan ou de
Da Mongloids surgit au détour d'une phrase, vous saurez que son équipe Wu style réunit
DJ Sneak et
Junior Sanchez. Qu'il s'agisse de house, de techno, de funk ou de rhythm 'n' blues,
Armand sait de quoi il retourne.
"J'aime entendre la musique des autres, j'y prends ce qu'il me faut et ensuite, je m'en sers pour mettre au point ma formule. Je puise toutes sortes d'idées à droite et à gauche. Je peux sortir des sons de house, mais aussi les transformer en autre chose. Les gens croient reconnaître un style, puis ils sont désarçonnés, car je passe à une autre gamme. Quand on obtient la bonne formule, les gens vous respectent. Le défi que je relève consiste à aller chercher des éléments extérieurs et à les assimiler à ma musique. C'est mon truc en ce moment."