Un disque se vend-il, le jour de sa sortie, plus que les 19 autres qui figurent dans le Top 20, par pur hasard ? Non. On le sait depuis quelques mois, Artic Monkeys est la nouvelle sensation anglaise, ce qui signifie que tout le monde les adore, même ceux qui ne les ont jamais entendus.
Tant mieux pour ces quatre Anglais, fans de punk, de new wave et de britpop, qui ont réussi là où l'essentiel de la concurrence persiste à échouer, et livrent un premier album pop rageur et bien défendu qui ratisse large malgré les apparences. Car si "
The View From The Afternoon", "
I Bet You Look Good On The Dancefloor", ou "
Fakes Tales Of San Francisco" lorgnent immanquablement du côté de Jam et de Clash, les accents prog-glam de "
Perhaps Vampires Is A Bit Strong But…" (on songe au
Alice Cooper de "
Killer"), les guitares volontairement étriquées de "
A Certain Romance" (à la Television), et cette fausse chanson d'après-midi qu'est "
When The Sun Goes Down", attestent d'une largeur d'esprit qui force le respect.
Dernier détail, leurs compositions sont à la hauteur de leur arrogance, un fait plutôt rare dans le rock actuel.