Anaïs est née le 20 août 1976 à Grenoble. Elle passe sa jeunesse à Marseille. De 1999 à 2003, la chanteuse fait ses armes dans le groupe
Opossum. En 2005, elle signe son premier album live solo
The Cheap Show qui reçoit un excellent accueil et devient disque de platine. L'année suivante,
Anaïs revient d'une tournée triomphale avec le DVD
The Cheap Show - In Your Face.
Anaïs a un drôle d’accent, québécois, qui s’enfuit après deux morceaux. Elle détourne
Justin Timberlake,
Eddy Mitchell,
Kelis,
Carla Bruni et d’autres, croise les époques, les genres, transfigure le quotidien, la forme accepte de servir le fond, la pop, le rock, le blues, la soul, le metal, le rap, la chanson réaliste traversent ces morceaux, où tout semble toujours possible, un concert évolutif, capable de s’adapter aux variations de l’extérieur.
Une pédale discrètement posée à ses pieds lui permet de s’auto-sampler, elle joue avec les boucles, sa voix devient un instrument. Soudain,
Anaïs n’est plus seule. Avec elle, des orchestres, des groupes, des Djs se dessinent, prennent forme.
Le public fait une ovation à ces musiciens imaginaires, l’interactivité n’est ici pas un vain mot. Invitation au voyage aussi, les pays et les cultures défilent, l’Écosse, la France, Etats-Unis, celle qui voulait, naguère, être professeur d’Anglais, sait manier les accents et les langues, elle aime ça. Elle harangue l’audience, semble ne craindre personne. Elle reconnaît cependant un certain trac avant de monter sur scène.
On écoute, on regarde, on ressent... Rires, surprises, attachement.
Anaïs possède ce don, rare, d’emmener l’auditeur là où elle le veut, sans jamais le perdre. Elle le projette dans un moment de vie, le bascule dans le vif. La chanson réaliste, Marie Dubas - fantaisiste française des années 30 - ont joué un rôle dans son apprentissage de l’émotion.
Les images aussi. Celles des films que ses parents lui laissaient regarder, en version originale, quand elle était enfant, les
John Ford,
John Houston,
Mankiewicz, et surtout les comédies musicales, toutes les comédies musicales,
Fred Astaire,
Gene Kelly, et
Judy Garland.
Judy Garland, bien sûr ! Voilà, c’est ça, c’est tout à fait ça !
Anaïs n’est pas dans la parodie. Ce qu’elle propose sur scène relève bien plus de cette magie d’un autre temps, quand les chemins étaient pavés d’or et que la moindre émotion, la moindre phrase, pouvaient donner naissance à une symphonie de couleurs et de chorégraphies bondissantes, où il suffisait d’un instant de vie, même le plus futile, le plus anecdotique, pour arracher quelques rires, quelques larmes ou quelques pas de danse.
De 1999 à 2003,
Anaïs écrit, compose et chante dans Opossum, "groupe de rock fou, à la
Zappa", découverte du Printemps de Bourges.
Sa volonté d’épurer, d’aller le plus loin possible avec le minimum, cette obsession de toujours remonter aux débuts de chaque chose, les racines, d’aller serrer la main des pionniers, qu’ils soient des bluesmen, des chanteuses ou des comédiens, la poussent à tenter l’aventure en solitaire. Ne plus diluer, pendant quelque temps au moins.
Une seule idée lui suffit à prendre par la main son public et à l’élever vers d’autres horizons. Un peu
Mary Poppins et son sac aux mille mystères, on ne peut jamais savoir ce qu’
Anaïs a dans la tête, simplement qu’elle veut donner du rêve, besoin apparemment viscéral chez elle, en détournant la vérité. Jubilation enfantine et mélancolie qui ne dit pas son nom.
Au niveau des harmonies - la jeune femme chante bien, doux euphémisme - les Beach Boys ont une part de responsabilité.
Bette Midler,
Jerry Lee Lewis,
Etta James - "j’ai bouffé plein de choses" dit-elle - ont aussi rythmé son imaginaire. Allez savoir.
Tout ça se trouve dans son premier album, autoproduit,
"The Cheap Show ", enregistré en live, vendu à plusieurs milliers d’exemplaires grâce à un bouche à oreille persistant. Mais
Anaïs n’a encore rien dit. Son futur peut, veut tout se permettre. Comme Dorothy, dans "Le Magicien d’Oz", (qui n’a pas peur de l’ouragan qui l’emporte parce qu’elle sait que l’après promet beaucoup, malgré les dangers, malgré l’inconnu),
somewhere, over the rainbow…